Monday, June 01, 2009

Sois belle...


« Sois moche, bête et vote orange, ou bleu, ou jaune, ou vert, ou peu importe la couleur, tu resteras toujours moche et bête : c’est la vie… »
Je crois avoir trouvé la bonne réplique au fameux slogan Aouniste qui a fait tout un tollé dernièrement. Celle du 14 Mars était un peu bizarre à mon goût, en tout cas pas très nette : « sois égale et vote » ? Égale à quoi : à toi-même ? L’égale de l’homme (certaines femmes ne s’en suffiraient plus en tout cas) ? Que tout cela te soit égal (pas très civique comme attitude, quoique compréhensible)? Ce n’est pas très clair ce truc…

Le suspense est à son paroxysme, et cette semaine tout le Liban retiendra son souffle en attendant le jour J: l’issue de ce scrutin est cruciale pour le destin de tout le pays pendant les quatre ans à venir ! Mais plus important que la couleur du nouveau parlement, il devient urgent que les élections se terminent, sinon l’infrastructure routière de la ville de Beyrouth risque d’aspirer tout le budget public pour au moins les deux prochaines décennies ! (Explication aux non-libanais : aux approches des élections législatives, les autorités, voulant s’afficher soucieuses du bien-être de leurs administrés, entreprennent des travaux de rénovation de la voirie publique, marque de présence on ne peut plus notoire rien qu’aux embouteillages qu’elle provoque). Cette année, outre le coup classique de l’asphaltage, l’Etat a cru bon d’installer une quantité impressionnante de feux rouges et de parcmètres tout le long de l’avenue Fouad Chéhab, et un peu partout à Achrafieh, dans un étalage pédant de gadgets technologiques exécrables. Ce show off devient insupportable, et je préviens solennellement les municipalités de prendre garde: si l’épidémie de feux rouges s’étend jusqu’à Charles Malek, je vote pour l’opposition !

Monday, April 13, 2009

Esta Noche...

Ce billet est dédié à la musique latino-américaine: rien n'est plus beau, plus rythmé, plus érotique que les musiques provenant de ce continent. Notre appréciation (en tout cas la mienne) de ces musiques proviendrait-elle de la similarité climatique et géographique qui ferait de l'Amérique du Sud notre équivalent dans l'hémisphère Sud? Ou peut être la culture hispanique, marquée par au moins 6 siècles d'occupation Maure, porterait-elle une influence orientale à laquelle nous serions sensibles? Quoi qu'il en soit, ce genre de musique, par sa nonchalance, sa sensualité, sa richesse rythmique a su captiver mon cœur.


Je vous présente ici un musicien exceptionnel que j'ai été extrêmement ravi de découvrir, et qui sera, selon mes prévisions, sans doute l'équivalent d'un Carlos Santana dans quelques années: il s'agit de Federico Aubele dont je vous conseille d'acquérir les deux albums qu'il a déjà sortis. Je vous ai mis en ligne une de ses plus belles chansons «Esta Noche» (pour qui comprend l'espagnol, il parait que les paroles expriment une très grande tristesse, mais moi je ne fais jamais attention aux mots en présence d'une belle mélodie...), occasion pour moi également de tester mon nouvel espace de stockage virtuel chez Adrive (parait que c'est génial ce truc, enfin on verra...). Et afin de ne pas rester dans le morbide (ce que plusieurs personnes semblent me reprocher souvent), je vous ai également mis en ligne un splendide tango moderne du groupe Bajofondo Tango Club, un groupe sympa rappelant Gotan Project, attention spéciale à tous les fans de ce dernier groupe qui connaissent toutes leurs chansons par coeur et ont envie d'écouter quelque chose de nouveau, dans le même genre et qui soit à la hauteur.


Je pourrai aussi rajouter combien j'adore le tango argentin qui synthétise, à mon avis, ce qu'il y a de plus beau dans toute la musique Sud-Américaine, mais je préfère vous renvoyer à un exposé un peu plus étayé sur ce formidable genre musical (le site est celui d'une amie extrêmement versée en culture hispanophone, et plus spécialement en flamenco, comme le nom du site l'indique naturellement)...

Et voilà, joyeuses Pâques à tout le monde, et à plus tard!!

Tuesday, February 24, 2009

Législatives cruciales, et diverses nouvelles

La plupart des blogs libanais francophones, qui s'étaient imposé une période de mutisme depuis le milieu de l'année passée, sont redevenus actifs il y a quelque temps. Je décide donc à mon tour de faire un petit coucou aux caméras, retour d'autant plus motivé par l'arrivée du mois de Mars contenant bien sûr les fameux 8 et 14, et préfigurant les législatives du 7 Juin. Ces élections seront d'une importance vitale pour tout le pays, et plusieurs appréhendent déjà le retour des intimidations, des attentats contre les candidats d'un même parti (celui que l'on canarde tranquillement depuis 2005), ou même d'un conflit intérieur (genre mai 2008), pour prendre la pire des hypothèses. Un minimum de propagande et de campagne électorale sont donc nécessaires, modeste contribution de ce blog pour soutenir le seul clan libanais véritablement nationaliste (car avec les derniers agissements du Hezbollah et de leurs compères, je pense qu'il ne plane plus aucun doute sur leur attitude par rapport à ce pays)...


Sur un autre plan, une bande-dessinée sur la vie de Gebran écrite par Makyo, mérite d'occuper la rubrique culturelle de ce billet. Sans avoir l'envergure d'un Juillard ou d'un Dufaux, Makyo a signé quelques chefs d'oeuvre indiscutables, comme les 4 premiers volumes de la série «Balade au Bout du Monde». Ce premier volet relate en effet une histoire intensément énigmatique, captivante, parfois mystique et philosophique, avec des dessins tout à fait à la hauteur des textes. Malheureusement, dans les volumes suivants l'histoire s'essouffle, et rentre dans des complications et des incohérences que même un esprit comme le mien a finalement trouvées trop tordues à son goût... Pour en revenir au Gebran, ce n'est pas la B.D. du siècle bien entendu, mais elle comporte une documentation intéressante et facile à lire sur la vie de l'auteur pour qui ça intéresse, et il en a des fans! Pour ma part, Khalil Gebran n'a jamais vraiment été ma tasse de thé: trop lyrique peut être, ou trop américain... Mais ça fait toujours plaisir à lire ce genre de trucs, ça remonte vachement le moral (enfin un libanais mondialement célèbre pour un apport positif à la société, ça change!)


Et enfin, sur un plan plus personnel, Oberon Brown a retrouvé un havre d'harmonie et de sérénité, après une longue et pénible traversée du désert... Une ravissante jouvencelle en est la cause. Ce qui me pousse à m'adresser à mes lecteurs encore solitaires, et les encourager à entreprendre tout le nécessaire, à aller chercher jusqu'au plus profond de l'enfer s'il le faut, pour forcer la destinée à nous mettre sur le chemin de l'autre. Cela vaut tous les sacrifices du monde, croyez-moi...

Thursday, August 28, 2008

Clôture (2)

Je pense qu'il est grand temps de prendre une nouvelle pause... Oberon Brown a passé sa vie à essayer de jouer au diplomate, au trompe-la-mort, au dandy qui se balade entre tel camp et tel autre, se riant des frontières pré-établies par les anciennes générations, et abordant des gens (enfin surtout des jeunes filles) de toutes sortes d'orientations politiques et de milieux sociaux confondus, mais la réalité a fini par le rattraper... La logique de la guerre civile persiste encore, et la question qui se posera ne laissera plus aucune place pour le doute, pas plus que pour les réponses vagues (dans lesquelles les libanais excellent en général, surtout lorsqu'ils ont été élevés par des Jésuites...). En effet, à la question terrible qui suit: «Es-tu avec nous, ou contre nous?», et après un certain temps de tergiversation qui ne saurait hélas s'éterniser, et qu'il est possible d'obtenir grâce à diverses techniques comme discuter du climat, faire des compliments à gauche et à droite, parler avec un accent indéchiffrable, insulter George Bush, ou même simuler une crise d'épilepsie, vient le moment inévitable où il est nécessaire de se prononcer clairement sur le sujet... À ce moment-là, les dégâts seront inévitables... Victor Hugo disait (probablement dans la bouche de l'inspecteur Javert) que la justesse était une forme de bonté, chimère que je ne saurais jamais appliquer à ma propre vie. La logique tribale m'a corrompu l'esprit depuis que j'étais tout petit: mes parents, mes amis, ma/mes copine(s), mes proches, ces gens-là auront toujours la priorité sur les autres contraintes, quelles que soient les circonstances de ce choix...

Maintenant que j'y pense, la prochaine fois que je verrai un film dans lequel Elliot Ness affrontera le tyran Al Capone, je me demande envers quel bord j'éprouverai le plus d'empathie...

Saturday, August 16, 2008

Des dangers de se promener avec une camera à Dahyé

Le journaliste David Hury vient de s'en rendre compte, alors qu'il voulait interviewer des responsables du parti de Dieu dans la banlieue Sud. Séquestration prolongée, interrogatoire serré, intimidations diverses, un peu comme dans le film Syriana (mais heureusement, David a conservé ses ongles). Il était parti en toute bonne foi chez eux, en montrant clairement ses intentions et sa carte de presse, pour leur poser quelques questions: d'une certaine manière, on lui a répondu...

Plus de détails autour de cette histoire sur le blog d'M1, et dans un article du journal Ouest-France.

Sunday, August 03, 2008

Interlude maçonnique


Apparemment, les blogueurs francophones au Liban aiment à fréquenter un certain restaurant argentin de la rue Gemmayzé (que le pacte secret inter-blogueurs m'interdit de citer nommément). La plupart de cette petite communauté s'est en réalité réunie autour des incontournables Chroniques Beyrouthines (couramment désignées par «C.B.»), un des blogs francophones les plus célèbres et les plus fréquentés sur le sujet (ami lecteur, si le Liban t'intéresse et que tu ne connais pas encore ce blog, clique vite dessus, et sauvegarde-le dans tes favoris: il te sera plus utile que l' «Orient-le-Jour» pour commencer à comprendre, dans leurs grandes lignes, certains aspects de ce pays et de ses habitants). L'ensemble des commentateurs et des habitués de ce blog très social ont donc récemment organisé une rencontre, précisément dans le restaurant dont on parlait plus haut, à laquelle l'auteur du présent blog fut également convié (un peu d'alcool, de la bonne bouffe et de la musique Latino, suffisent amplement à attirer Oberon Brown hors de sa tanière), le but étant de mettre des visages sur des noms que l'on fréquente depuis déjà plusieurs années.

Les relations virtuelles qui évoluent et se développent avec le temps, préparent inévitablement le moment fascinant où deux étrangers, se connaissant parfois intimement sur un plan moral, se retrouvent enfin face à face: il y a toujours un peu d'appréhension et beaucoup de mystère enveloppant cette première confrontation, qui reste quelque part contre-nature. Dans la vie réelle, notre premier contact avec une personne est avant tout physique: on la voit, on l'entend, et puis avec le temps, on cerne son caractère. Sur la toile, c'est exactement l'opposé, et c'est l'inversion de ce processus qui donne tout son charme à cette découverte: le pseudonyme prend soudain vie, et il porte un visage!



Mais revenons à nos moutons... Cette rencontre se passa donc très bien, et je décidai de l'immortaliser par quelques croquis (puisque les lecteurs semblent apprécier mes coups de crayon). Je dois cependant demander à mes modèles féminins de m'excuser si je grossis un peu les proportions de certains membres aux dépens d'autres: lorsqu'il s'agit d'un corps de femme, je perds complètement mon objectivité...

Sunday, July 27, 2008

Sea, sex and sun


La politique libanaise a deux modes de fonctionnement: soit l'ébullition, et alors les explosions, les attentats, les guerres ponctuent à outrance notre quotidien, ou bien les périodes de stagnation totale, où l'actualité atteint un tel degré écœurant de platitude, d'ennui et d'inefficacité que ça n'intéresse plus personne. Heureusement, la période morte que nous traversons actuellement a coïncidé avec le début de l'été; pour une fois nous en aurons un normal, après toutes les catastrophes estivales qui se sont abattues sur nous les dernières années. Ça sera bon pour le tourisme tout ça. Laissons donc de côté nos appréhensions concernant les armes du Hezbollah et l'interminable débat les accompagnant, et profitons de cette belle saison pacifique pour une fois (qui n'est pas coutume), des belles plages de Batroun (ou d'ailleurs), de la chaleur bienfaisante (quoique parfois excessive) de nos belles nuits d'été, puisqu'après tout le Liban c'est surtout cela: la bonne bouffe, l'alcool, les sorties. Stabilité politique, ordre civil, croissance économique et prospérité, tous ces concepts nous dépassent, mais nous continuons à les enseigner quand même en cours d'histoire-géo pour gosses, au même titre que les fables de La Fontaine. L'intention est là...


Sur un autre plan, je vais reprendre mes recommandations musicales pour qui ça intéresse, puisque je viens de découvrir un excellent disque de musique Latino, d'une jeune chanteuse argentine nommée Natalia Clavier (se prononce probablement "clavière"). C'est pour moi une sorte de croisement entre Lhasa et Gotan Project, grâce à la belle voix chaleureuse et sensuelle de Natalia, ses mélodies mélancoliques, et cette belle rythmique latino-américaine, rehaussée de sonorités électroniques discrètes. Absolument sublime! Je vous ai mis un extrait de l'album "Nectar", une chanson qui s'appelle "La Mitad" (vous n'avez qu'à cliquer dessus), pour que vous puissiez juger par vous-même. À bientôt!